Centre Presse la Critique

Alain Marbezy

Un sculpteur au talent qui s'affirme.

Une visite dans son atelier , il vous accueille , sur une musique de Duke Ellington , John Lee Hooker , Django Reinhardt , qui rythme le chalumeau de l'artiste.

Présenter Alain Marbezy , parler de l'homme , de l'artiste , n'est-ce pas, même pour le témoin le plus scrupuleux , risquer de le trahir ?

Si ses personnages attirent tant, c'est qu'on pénètre dans les profondeurs de leur, mouvement, même si la connaissance que l'on a d'eux présente quelques finesses, c'est qu'ils expriment des aspects divers de la personnalité de ce merveilleux créateur.

Alain Marbezy fixe pour les prolonger dans nos mémoires, toutes les impressions et les réactions d'un cœur, d'une sensibilité.

C'est en 1975, qu'il a résolument tourné le dos à la palette pour affronter l'étain avec une technique très personnelle.

Serai-ce le Giacometti du 21ème siècle ?

Les personnages longilignes et volontairement dépouillés, figés dans des attitudes naturelles et instantanées semble vouloir prendre vie.Qu'ils soient artistes de cirques ,musiciens ,enfants ou vieillards ,ils sont le reflet d'une acuité confirmée.Les rapports amicaux qui nous lient rendent, difficiles l'expression de mon admiration pour cet artiste qui exploite tous ses dons avec bonheur.

Alain Marbezy atteindra-t-il un jour les sommets ? Sa résolution reste profonde : il ne veut pas être l'obligé des hommes qui disposent du succès. Son empreinte restera celle d'un passant qui concrétise les rêves d'un créateur fougueux invoquant le relais de l'amitié , le contact chaleureux et éphémère d'un visiteur ,c'est le reflet d'une vie simple bien que douloureuse parfois. Avec la modestie d'un tailleur de pierre d'autrefois ,il oublie de signer son œuvre ,il ne veut être qu'un sculpteur. Son habileté est celle d'un virtuose mais c'est son âme d'artiste qui guide sa main. Il suffit de peut de choses ! De quelques outils , de fer ,d'une main et d'un cœur ,tous les personnages d'Alain Marbezy ont des motivations extrêmement précises qui relèvent toutes d'une symbolique populaire de la vie humaine. C'est toute une imagerie d'un art délié qui veut saisir les caractères des personnages. Il dispose de la matière jusqu'à l'assujettir à ses destins :Formes rythmés avec la légèreté d'un graphisme ,frôlant ici la caricature de personnages ,atteignant-là comme « le christ oublié » à l'expression romane une gravité méditative.

Si le verbe a servi à Rimbaud pour traduire avec une particulière saveur ce qu'il ressent dans le bateau ivre » Alain Marbezy lui ,c'est par ses mains que passe sa vision des êtres. Anse près de Lyon ,fut une exposition où son œuvre riche de mouvement m'assurait d'une victoire remportée par l'artiste sur la matière brute ,la moins accessible à la création dans le sens de la beauté. L'artiste retient le temps et l'enferme dans la pierre ,l'argile ou le fer ,il travaille dans la masse essentiellement préoccupé de donner à tout ce qu'il crée , un souffle de vie. Qu'ils est bon d'être son contemporain et plus de figurer au nombre de ses amis.

Regrettons toutefois du manque d'exposition de cet artiste dans notre région , la dernière remonte en 1979  dans le bassin de Decazeville , ses œuvres figuraient avec les très célèbres peintures de Gustave Moreau ,et actuellement au pot éthique à Mazamet dans le Tarn.

G. Farget.

 

 

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